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Une bergerie neuve pour une circulation fluide des brebis et agneaux

Sébastien Martin projette d’aménager un espace de contention et d’installer une bascule pour trier ses agneaux et traiter ses brebis.

Le confort de travail a guidé Sébastien Martin pour concevoir le bâtiment de ses rêves, abritant ses 650 brebis.

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Travailler dans un bâtiment fonctionnel où la circulation est facile, tel était l’objectif principal de Sébastien Martin lorsqu’il s’est installé à Bouresse, dans la Vienne. Le jeune éleveur a quitté la Belgique en raison du prix trop élevé du foncier. Avec son épouse, médecin généraliste, il a opté pour le Poitou, où il a racheté une ferme. Il dispose aujourd’hui d’un troupeau de 650 brebis et de 200 hectares, dont 80 hectares de prairies.

« Avant de reprendre les rênes de la ferme en 2020, j’ai suivi une formation en certificat de spécialisation ovin au lycée agricole de Montmorillon, explique-t-il. Dans ce cadre, j’ai réalisé de nombreuses visites d’élevage. J’ai mesuré les avantages et les inconvénients de différents types de constructions et aménagements, tout en me familiarisant avec les particularités des sols de la région. »

La configuration avec quatre aires paillées et deux couloirs d’affouragement de 4 mètres de large a obtenu les faveurs de l’éleveur. Un couloir de 1 m de large contre les murs intérieurs permet aussi de faire le tour de la bergerie autour des aires paillées. « Je peux transférer seul un lot de brebis, ou seulement une brebis, d’un bout à l’autre du bâtiment aisément et rapidement », poursuit-il.

Un autre couloir central de 1 m de large permet également d’accéder rapidement aux deux aires paillées centrales, notamment aux cases d’agnelage. Cet aménagement favorise le travail d’astreinte qui, en dehors des périodes de mises bas, est bouclé en une heure et demie. Dès que sa trésorerie l’autorisera, Sébastien achètera une dérouleuse grâce à laquelle il réduira encore le temps lié à la distribution de la ration.

La nouvelle bergerie est dédiée aux agnelages. Toutes les aires paillées sont facilement accessibles par un couloir de 1 m de large. (© Marie-France Malterre)

« J’ai conscience que les deux couloirs surélevés de 4 m de large pour l’affouragement sont gourmands en espace couvert et en béton, concède l’éleveur. Mais ils apportent de la souplesse à l’organisation de mon travail. Ils facilitent la surveillance et, comparativement aux bâtiments plus compacts qui disposent d’un couloir d’affouragement contre les longs pans ouverts, le surcoût du béton n’est pas exagéré. J’ai considéré en tout cas que cette dépense était nécessaire pour m’organiser confortablement au cours des trente prochaines années. »

Pendant un an, le jeune exploitant a évalué avec précision une multitude d’options. « J’ai demandé plusieurs devis aux constructeurs de mon secteur, ajoute-t-il. J’ai aussi opté pour l’installation de panneaux photovoltaïques. Cela m’a aidé à financer plus facilement le projet. Avec environ 1 300 m2 de panneaux sur les toits, la revente de l’électricité représente une recette de 28 000 euros par an. »

Un bardage coulissant pour la ventilation

Sébastien n’a, en revanche, pas eu le choix de l’orientation de sa nouvelle construction. Il a néanmoins opté pour un système de ventilation modulable sur les longs pans et des portails coulissants sur les pignons. Après deux ans de fonctionnement, il juge la circulation de l’air satisfaisante. « Je fais coulisser le haut du bardage quand il fait beau, explique-t-il. Je dispose d’une commande manuelle pour chacun des longs pans. Le bardage reste fermé en hiver au moment des agnelages pour éviter tout courant d’air sur les nouveau-nés. »

La partie haute du bardage est coulissante pour améliorer la ventilation quand la météo le permet. (© Marie-France Malterre)

Le même système a été installé sur l’ancienne bergerie, en remplacement des tôles en bac acier, pour améliorer l’ambiance. Il facilite l’évacuation de l’humidité et de l’ammoniac dans ce bâtiment qui accueille les agneaux pour l’engraissement à partir de l’âge du sevrage (70 jours). « J’ai monté moi-même le dispositif, livré en kit par le constructeur, grâce à la notice facile à suivre », ajoute-t-il.

Sébastien Martin a encore des projets pour améliorer l’organisation dans cette zone consacrée à l’engraissement. Il envisage en particulier d’aménager un espace de contention et d’installer une bascule pour trier ses agneaux et traiter ses brebis. Il n’a pas encore arrêté son choix, mais n’exclut pas d’investir dans un matériel de pesée innovant, couplé avec un pistolet drogueur pour administrer la bonne dose de médicaments à ses animaux (1).

(1) Sébastien Martin accueillait un groupe d’éleveurs le 28 novembre 2023 lors d’une journée partage et échanges autour du numérique organisée par l’Institut de l’élevage.

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